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March 13 BE
Des rêves ... Le dépassement de soi ... pour se trouver et se libérer (?) ...
Paroles Neil Diamond : Jonathan Livingston Seagull
If you may know it January 08 FêtesPériode festive … Noël …
Le premier de l’an semble tellement surfait !!!
Un texte de F. de Closets me revient à l’esprit ….
Aucune société n'a vécu comme la nôtre dans ce morne écoulement d'un temps uniforme. Toutes ont senti le besoin de ces ruptures, de ces plongées dans l'imaginaire. Mais nous, nous avons réduit la fête au congé et sa célébration au repos. S'il est une marque tangible de dégénérescence dans notre culture, c’est bien celle‑là. Comme elles sont tristes ces foules désoeuvrées qui flânent dans les rues parce que c’est l'Ascension ou le 14 juillet ! Que célèbre‑t-on ? Nul ne le sait. Au reste cela n’a aucune importance, c'est un dimanche de plus. Rien d’autre. Il reste Noël. Une petite réjouissance dans le cadre restreint de la famille. Heureusement que les enfants ont gardé le sens de la fête ! Sans eux on s’ennuyerait autant à Noël que le lundi de Pâques.
me confortant dans ces extrêmes …
Quelle joie … Que de bonheur avec et par nos enfants … sources de nos pensées … de nos « tendres espérances » … Et quelques pages reflètent cette magie des petits qui nous emportent dans leurs rêves ou mettent à jour nos propres souhaits …
Meaulnes, avec précaution, allait poser d’autres questions, lorsque parut à la porte un couple charmant : une enfant de seize ans avec corsage de velours et jupe à grands volants ; un jeune personnage en habit à haut col et pantalon à élastiques. Ils traversèrent la salle, esquissant un pas de deux ; d’autres les suivirent ; puis d’autres passèrent en courant, poussant des cris, poursuivis par un grand pierrot blafard, aux manches trop longues, coiffé d’un bonnet noir et riant d’une bouche édentée. Il courait à grandes enjambées maladroites, comme si, à chaque pas, il eût dû faire un saut, et il agitait ses longues manches vides. Les jeunes filles en avaient un peu peur ; les jeunes gens lui serraient la main et il paraissait faire la joie des enfants qui le poursuivaient avec des cris perçants. Au passage il regarda Meaulnes de ses yeux vitreux, et l’écolier crut reconnaître, complètement rasé, le compagnon de M. Maloyau, le bohémien qui tout à l’heure accrochait les lanternes.
Le repas était terminé. Chacun se levait.
Dans les couloirs s’organisaient des rondes et des farandoles. Une musique, quelque part, jouait un pas de menuet … Meaulnes, la tête à demi cachée dans le collet de son manteau, comme dans une fraise, se sentait un autre personnage. Lui aussi, gagné par le plaisir, il se mit à poursuivre le grand pierrot à travers les couloirs du Domaine, comme dans les coulisses d’un théâtre où la pantomime de la scène se fût partout répandue. Il se trouva ainsi mêlé jusqu’à la fin de la nuit à une foule joyeuse aux costumes extravagants. Parfois il ouvrait une porte, et se trouvait dans une chambre où l’on montrait la lanterne magique. Des enfants applaudissaient à grand bruit … Parfois, dans un coin de salon où l’on dansait, il engageait conversation avec quelque dandy et se renseignait hâtivement sur les costumes que l’on porterait les jours suivants …
Un peu angoissé à la longue par tout ce plaisir qui s’offrait à lui, craignant à chaque instant que son manteau entr’ouvert ne laissât voir sa blouse de collégien, il alla se réfugier un instant dans la partie la plus paisible et la plus obscure de la demeure. On n’y entendait que le bruit étouffé d’un piano.
Il entra dans une pièce silencieuse qui était une salle à manger éclairée par une lampe à suspension. Là aussi c’était fête, mais fête pour les petits enfants.
Les uns, assis sur des poufs, feuilletaient des albums ouverts sur leurs genoux ; d’autres étaient accroupis par terre devant une chaise et, gravement, ils faisaient sur le siège un étalage d’images ; d’autres, auprès du feu, ne disaient rien, ne faisaient rien, mais ils écoutaient au loin, dans l’immense demeure, la rumeur de la fête.
Une porte de cette salle à manger était grande ouverte. On entendait dans la pièce attenante jouer du piano. Meaulnes avança curieusement la tête. C’était une sorte de petit salon‑parloir ; une femme ou une jeune fille, un grand manteau marron jeté sur ses épaules, tournait le dos, jouant très doucement des airs de rondes ou de chansonnettes. Sur le divan, tout à côté, six ou sept petits garçons et petites filles rangés comme sur une image, sages comme le sont les enfants lorsqu’il se fait tard, écoutaient. De temps en temps seulement, l’un d’eux, arc‑bouté sur les poignets, se soulevait, glissait par terre et passait dans la salle à manger : un de ceux qui avaient fini de regarder les images venait prendre sa place …
Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui‑même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde.
Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s’asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il commença distraitement à lire.
Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s’approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l’autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu’il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c’était sa femme …
Alain Fournier, « Le Grand Meaulnes », pages74 à 76.
October 26 A mes amisMes quelques mots précédents, me poussent alors vers d’autres mots qui bercent mon âme par tant de poésie :
« Mais voyez, l’aube en manteau roux Foule la rosée de cette haute colline, là-bas, à l’orient. »
Acte I scène 1, Hamlet, Shakespeare.
« Le soleil se lève au-dessus de la terre, les ombres s’allongent sur le sable gris, sur la poussière des chemins. Les dunes sont arrêtées devant la mer … Dans le ciel très bleu, froid, il n’y a pas d’oiseau, pas de nuage. Il y a le soleil. Mais la lumière du matin bouge un peu, comme si elle n’était pas tout à fait sûre ... Lalla est penchée en avant contre le vent … quand elle est bien saoulée de vent et de mer … quand le soleil est bien haut dans le ciel sans nuage … Lalla redescend le rempart des dunes … Lalla retourne vers la cité sans se presser …» Désert, Le Clézio (p.75 …).
A mes amis, qui vivent dans le doute, errant sur les sentes tortueuses de leur petit quotidien, je souhaite qu’ils s’imprègnent des choses simples de la vie, qu’ils y trouvent la paix … Regardez, respirez, rêvez … vivez ! October 16 AubeJe reviens après une longue absence sur les sentes de la page blanche … Mes doigts retrouvent leurs repères … ils répondent à l’appel du clavier …
Pendant de longs mois, mon âme tourmentée … mon corps fatigué … étaient ailleurs … Le loup des steppes (que je suis un peu) s’était enfui vers des lieux secrets … nous en avons tous … lieux de repli sur soi, porteurs de notre histoire, de nos rêves … lieux de renaissance, source de vie et d’espérances … Ainsi J’ai frissonné sous la lune des poètes et, le cœur transi, je suis sorti des brumes matinales … pour me sentir si petit devant l’horizon s’éveillant … si petit mais réchauffé par la communion avec tant de beauté …
Je suis encore plein de cette nuit, et de ce réveil ; ivresse de la communion avec l’espace et le temps … June 30 Un loup breton ...
April 15 Solitude ...Ces mots du passé, ces maux ou plaisirs sont si actuels … Ne mettent-ils pas en évidence le « mal-être » … la recherche de repères que nous n’aurons jamais ?
Une amie sur son espace a crié sa solitude … J’ai tout de suite pensé à la belle chanson de Moustaki … celle qui fait aimer sa solitude …
Il est vrai qu’il faut vivre avec elle ; l’homme fragile social par nécessité, par intérêt, par « Foi » soucieux de son Humanité, est avant tout un individu, une personne avec son patrimoine génétique, son « caractère », ses expériences qui l’ont modelée … elle est unique … et seule malgré son entourage …
Des liens se créent … des toiles sensibles se tissent … quelques parcelles de son moi le plus profond diffusent par quelques portes ouvertes … mais … les jardins secrets sont inaccessibles … de hauts murs les protègent … et même l’Amour ne peut réellement les abattre …
Nous sommes tous le loup des steppes d’Hermann Hesse … March 11 Chassons la poussière ...Appel mystérieux des livres abandonnés, délaissés … la poussière est un écrin ; un léger souffle, un coup de chiffon … ils sont prêts à révéler leurs mystères … Redécouvertes ou découvertes … que nous sommes petits pour nous perdre dans quelques lignes … Mais peu importe … elles ouvrent tant de portes … Respirons les blés des champs des Bucoliques de Virgile ou participons aux orgies de L’art d’aimer d’Ovide ;
écoutons ses conseils :
On rencontre aussi des occasions à table, dans les repas, et le bon vin n'est pas la seule chose à y chercher. Là, souvent, quand Bacchus avait bu, l'Amour au teint de rose a attiré à lui de ses bras délicats et tenu ferme les cornes du dieu, et lorsque le vin est venu imbiber les ailes altérées de Cupidon, il reste là et demeure lourdement accroché à l'endroit qu'il a choisi. Alors il agite bien avec vélocité ses ailes humides, mais les gouttes mêmes dont l’Amour éclabousse font du mal. Le vin prépare les coeurs et les rend aptes aux ardeurs amoureuses ; les soucis fuient et se noient dans des libations multiples. Alors naît le rire, alors le pauvre prend de la hardiesse ; alors disparaît la douleur, ainsi que nos soucis et les rides de notre front. Alors les âmes s'ouvrent en une franchise bien rare à notre époque, c'est que le dieu chasse les artifices. Là souvent le coeur des jeunes hommes a été captivé par des belles ; Vénus après le vin, c'est du feu sur le feu. Mais n'accorde pas trop de foi à la trompeuse clarté de la lampe : pour juger de la beauté, la nuit et le vin sont mauvais. C'est de jour et en plein air que Pâris regarda les déesses et dit à Vénus : " Tu l'emportes sur tes deux rivales, Venus. " La nuit dissimule les taches et est indulgente à toutes les imperfections ; à ces heures‑là, toute femme semble belle. Prends le jour comme conseiller pour juger des pierres précieuses ou de la laine teinte en pourpre ; prends‑le comme conseiller pour juger des traits du visage et des lignes du corps.
Quelle est la juste mesure à conserver en buvant ? Nous allons te l'indiquer. Que ton intelligence et tes pieds restent à même de remplir leur office. Évite surtout les discussions qu'anime le vin et la trop grande propension aux combats cruels. Eurytion périt pour avoir bu sans mesure les vins qu'on lui offrait : combien mieux la table et le vin se prêtent‑ils à d'agréables passe‑temps. Si tu as de la voix, chante ; si tes bras sont gracieux [en leurs mouvements], danse ; si tu as d'autres moyens de plaire, plais. L'ivresse, si elle est véritable, te fera tort ; si elle est feinte, elle peut t'être utile. Tâche que ta langue artificieusement prononce en hésitant des mots balbutiés, pour que toutes tes actions ou tes paroles un peu hardies soient attribuées à des libations trop copieuses. Dis : « Bonne santé à celle que j'aime, bonne santé à celui qui partage sa couche », mais souhaite intérieurement « Male mort à son amant ».
March 06 Printemps
La nature qui s’éveille m’a amené à feuilleter « Les bucoliques » de Virgile … Poète, historien dans l’entourage d’Auguste, il a mis en avant, dès ces temps lointains, « Travail – Famille – Patrie », soutenant ainsi la politique, j’ose dire, réactionnaire de l’Empereur. Mais, en faisant abstraction de ce côté politique, que de beauté dans certaines pages …
« Ici sont de fraîches fontaines, ici de molles prairies … ici un bocage : ici avec toi je consumerais mes jours. » ... « J’irai, et je chanterai sur le pipeau du pâtre de Sicile les chants que j’ai composés … C’est décidé, j’aime mieux souffrir au sein des forêts, au milieu des repaires des bêtes, et graver nos amours sur de tendres arbres : les arbres croîtront, vous croîtrez, mes amours … » February 20 Feu et HumanitéLe feu qui rassemble et qui sépare … L’Humanité pointe son nez … Le feu est source de différences …
Et par ce FEU, cet être d’apparence si fragile sort de l’ombre …
L’Homme est né de cette conquête, de cette petite étincelle qui devint par la suite un grand brasier …
Siegfried (Acte 1, Scène 3.) CHANT DE LA FORGE Siegfried
Notung ! Notung ! Enviable Glaive ! Pourquoi t'es‑tu brisé jadis ? Voici, j'ai réduit en limailles ton éclatant tranchant, au creuset, les copeaux, au feu ! Hoho ! Hoho ! Hohei, Hohei, Hoho! souffle, soufflet souffle le feu ! Sauvage, dans la forêt croissait un arbre, je l'ai abattu dans la forêt. Du frêne brun, j'ai fait du charbon. Voici, sur le foyer, il gît en morceaux ! Hoho ! Hoho ! Hohei! Hohei! Hoho! Souffle le feu ! 'arbre en charbon qu'il brûle fièrement ; Comme il brille clair et sublime ! En étincelles pétillantes il jaillit, scintillant. Hohei ! Hoho ! Hohei ! Il me fond ma poussière d'acier. Hohei ! Hoho ! Hohei Hohei ! Hoho ! Souffle, soufflet souffle le feu ! ................... . Notung, Notung ! enviable Glaive ! déjà fond ta poussière d'acier ! Tu nages maintenant dans ta propre sueur. Bientôt je te brandirai comme mon propre glaive ! February 17 Autour ... du FEU ...
« Moi‑même, j'étais calme. Et je m'en étonnais. Assis devant le feu, je me laissai aller à la contemplation des tisons, des flammes, des cendres, jusqu'à une heure assez tardive. Mais rien ne sortit du foyer. Les tisons, les flammes, les cendres restèrent sagement ce qu'ils étaient; et ne devinrent pas (ce qu'ils sont aussi) de mystérieuses merveilles. Ils me plaisaient pourtant, mais plus par leur chaleur utile que par leur puissance évocatrice. Je ne rêvais pas, je me chauffais. Et il est doux de se chauffer; cela vous donne bien le sentiment du corps, le contact de vous‑même ; et, si l'on imagine quelque chose, c'est, au‑dehors, la nuit, le froid, car on se pelotonne alors sur sa propre chaleur, frileusement entretenue. Après quoi le lit semble bon, et l'on dort bien. Le lit me sembla bon, pour la première fois, et je dormis bien. »
… Mais plus simplement … retour aux sources ….. et « La guerre du feu » … de J.H. Rosny Ainé ………. Belle histoire où la bête devient Homme … par le feu … par les obstacles qu’elle surmonte …. par la découverte de l’autre et de l’amour … Je dois retrouver ces instants si lointains dans les gestes simples qui me font ranimer des braises, qui m’amènent à rester songeur, rêveur et satisfait devant la flamme … December 28 Feu de joieNovember 13 Entre terre et mer ...Petite halte en Camargue … un monde entre terre et mer …. où l’homme est en sursis … Dans ces vastes étendues, l’eau reste maîtresse, et le sol, son allié, est souvent perfide …
Au détour d’un chemin … je retrouve là les traces de Bosco …
Ainsi à la fin du voyage, je sens ce besoin de retrouver dans les pages de « Malicroix » les angoisses, le sentiment de grande solitude, de petitesse perçus dans ces contrées …
Heureusement, il y a toujours un feu … trait d’union entre néant et humanité … entre le réel et le rêve …
September 09 Où sont les beaux jours ?L’été n’a pas daigné venir nous saluer … jours bien gris et frais tout au long du chemin …
Mais j’ai eu le plaisir de passer des instants devant un bon feu … Et les souvenirs comme ses escarbilles passent … fugaces … illuminant un bref moment mon esprit … pour s’envoler en dansant dans la noire cheminée de l’oubli …
La situation (devant l’âtre) me rappelle un court écrit (77 pages) de Melville « Moi et ma cheminée » … Le poète replié sur lui-même, « agressé » par le public et les critiques, montre là son immobilisme, sa résistance et sa force … (me semble-t-il ! Cette petite lecture remonte à de nombreuses années) … June 26 Glèbe revêche ...«Blanc » ou « Trou noir » de 12 jours …
Que d’occupations qui m’ont éloigné de la plume micro-informatique … Mais aussi, peut-être un certain laisser-aller propre à la fatigue … Mais les mots reviennent peu à peu … forcent leur chemin … les livres sont là ! Quelques pages à l’aube … Seul avec la trace noire, je respire les chemins provençaux … Quoi de plus simple … de plus dépaysant … de plus apaisant que ces plongées dans la Provence de Pagnol !!! Le goût des choses simples …
que je retrouve quand j’essaie de maîtriser la nature toujours prompte à reprendre ses espaces …
Elle rend l’Homme humble … Elle lui montre qu’il est si petit … de passage … mais si « courageux » aussi …
Cette terre pleine de galets que « j’entretiens » si difficilement … des générations se sont courbées sur ces arpents pour récolter quelques grains … pour se nourrir avec tant de « sueur » … et de larmes …
Je m’agenouille devant leurs fantômes … petite marque de respect …
June 14 Grisaille sur la ville ...14 juin
Grisaille sur la ville et sur mon âme …
Là ... je me rappelle la première page de « Journal d’un curé de campagne » de Bernanos …
« Ma paroisse est dévorée par l'ennui, voilà le mot. Comme tant d'autres paroisses ! L'ennui les dévore sous nos yeux et nous n'y pouvons rien. Quelque jour peut-être la contagion nous gagnera, nous découvrirons en nous ce cancer. On peut vivre très longtemps avec ça.
L'idée m'est venue hier sur la route. Il tombait une de ces pluies fines qu'on avale à pleins poumons, qui vous descendent jusqu'au ventre. De la côte de SaintVaast, le village m'est apparu brusquement, si tassé, si misérable sous le ciel hideux de novembre. L'eau fumait sur lui de toutes parts, et il avait l'air de s'être couché là, dans l'herbe ruisselante, comme une pauvre bête épuisée. Que c'est petit, un village ! Et ce village était ma paroisse. C'était ma paroisse, mais je ne pouvais rien pour elle, je la regardais tristement s'enfoncer dans la nuit, disparaître... Quelques moments encore, et je ne la verrais plus. Jamais je n'avais senti si cruellement sa solitude et la mienne …
je me disais donc que le monde est dévoré par l'ennui. Naturellement, il faut un peu réfléchir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C'est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle rie craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde, la voilà qui recouvre votre visage, vos mains. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de ‑cendres. Alors, le monde s'agite beaucoup. »
Que le temps a une influence … Cet ennui … nous l’avons en nous, prêt à prendre place dès que la porte s’entrouvre … dès que « l’action » faiblit, moindre pause volontaire ou non, moindre changement de rythme … et les monstres des abîmes, Ennui … Angoisses … ressurgissent pour nous entraîner …
June 08 Aimer le Monde ...8 juin
Aimer la vie … par la découverte … Aimer le Monde …
Et Jules Verne m’a ouvert la route vers des rivages lointains … Même si, son style très précis peut rebuter de nos jours de nombreux lecteurs … il reste un grand écrivain visionnaire … Traversant les océans, le plus souvent, nous plongeant dans des lieux « exotiques » … l’aventure est toujours là … confrontant l’homme aux éléments …
Et il a foi dans le progrès de la fin XIX°, car ce petit homme fragile l’emporte … Il survit aux embûches des milieux hostiles …
Mais … il n’oublie pas l’Amour … Ainsi dans « le rayon vert » … Miss Campbell le découvrira dans ses voyages en désirant voir ce phénomène si féerique …
June 07 Fusion ...06 juin
Fusion passagère …
D’Ulysse à Paul Atréïde … De Belliou à Arsène … J’ai connu l’amour, l’aventure, l’initiation … de l’homme aux Dieux … de l’homme civilisé à l’être seul face à la vie sauvage … de l’homme social à la marginalité …
Mais … surtout …. j’ai tant aimé Antinéa dans l’Atlantide … Pénélope mais aussi la Demoiselle aux yeux verts de Maurice Leblanc ou Eléa de la Nuit des Temps de Barjavel …Que n’aurais-je fait pour ces femmes ? Je pense que les livres apprennent aussi à aimer ! … Aimer la vie ……….. June 04 Envol !04 juin
Balayons tout cela et revenons au rêve …
Que de grands mondes j’ai découvert en lisant des récits de SF … Loin de ce monde que tout ado rejette, j’ai vu, j’ai visité tant d’espaces comme le dit si bien l’androïde Nexus 6 dans Blade Runner, film de Ridley Scott tiré d’un roman de P. K.Dick … Mais je suis aussi devenu « Dieu » en parcourant les pages du Livre de Ptath de A. E. VAN VOGT ou en lisant l’épopée de Dune de Frank Herbert ! Que de grands vagabondages loin des soucis … La lecture est aussi, et surtout, une fuite … J’ai éprouvé des sentiments profonds … parfois violents … par le jeu de la lecture … grand plaisir solitaire … May 31 Coups de folie !!!30 - 31 mai 2007
L’amour fou (il ne peut être que fou) qui pousse aux excès « Repos sans Amour ou Amour sans repos » comme l’annonce Figaro …
Combien de coups de folie … dans mon adolescence … moi qui suis devenu si raisonnable … me semble-t-il … J’ai aimé … J’aime … Mais pourrais-je aujourd’hui agir comme par le passé … ?
Avons-nous le choix ? Plus le temps passe …et plus la vie semble tracée … Je m’amuse à comparer cet état à un entonnoir renversé … En étant jeune … les choix sont multiples … les contraintes sont peu nombreuses. Mais avec le temps qui passe … des liens se forment … des groupes se fondent … une activité professionnelle règle aussi nos jours …
« … Il y a d’étranges possibilités dans chaque homme. Le présent serait plein de tous les avenirs, si le passé n’y projetait déjà une histoire. Mais, hélas ! un unique passé propose un unique avenir – le projette devant nous, comme un point infini sur l’espace … » « Les nourritures terrestres », Gide.
01 juin
Et ce soir … je vais me contredire !!!
Même jeune … le passé, représenté par Les structures familiales … la communauté à laquelle nous appartenons, … est là qui nous tient dans ses filets et qui nous mène au port …
Roméo et Juliette pouvaient-ils échapper à l’emprise de leur famille … à cette haine partagée par les Montaigu et les Capulet ?
La liberté de choix existe peut-être … mais seulement quand de brusques ruptures bouleversent une vie …
May 28 Et toujours l'Amour !28 mai 2007
Que de poésie aussi dans les amours … impossibles !
Elles empruntent des voies insoupçonnées … Cyrano qui rédige les mots doux pour Roxane au nom de son rival Christian … Roméo et Juliette qui se marient en cachette, et qui, par le jeu du hasard, meurent d’amour …
Que de pincements au cœur à la lecture des scènes du balcon …
ROMEO. — J'ai escaladé ces murs sur les ailes légères de l'amour : car les limites de pierre ne sauraient arrêter l'amour, et ce que l'amour peut faire, I'amour ose le tenter ; voilà pourquoi tes parents ne sont pas un obstacle pour moi. JULIETTE. — S'ils te voient, ils te tueront. ROMEO. — Hélas ! il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs épées : que ton œil me soit doux, et je suis à l'épreuve de leur inimitié.
… et à celle du dénouement ! May 23 Ulysse ...23 mai 2007
L’Odyssée d’Homère … Que d’aventures avec l’aide de la Déesse aux yeux pers … !!!
J’ai ce soir des difficultés à écrire … Mais ! … en écoutant Léo … « La Solitude » … l’horloge du temps me ramène 1200 ans av JC … je suis seul … perdu en Méditerranée … faisant face aux éléments qui semblent tout faire pour m’éloigner de mes amours … Lutte qui paraît bien inégale … Petit homme dans cette immensité inconnue … mystérieuse … aux mains des Dieux … Et pourtant … !!!
Ah ! Ce livre … fondement de notre culture occidentale … Des chants, pour moi, pleins de poésie … immortels ! May 20 ...20 mai 2007
D’autres espaces ... sous d’autres cieux … mais les mêmes rêves …
Et l’Homme qui se forge toujours dans l’action …
Antoine de Saint-Exupéry dans « Terre des Hommes » … résume cela dès les premières lignes … « L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle » …
La vie … perpétuel affrontement … qui nous façonne … qui nous élève … Que serais-je si je m’étais trouvé face à d’autres épreuves ? Aurais-je eu la force de ces êtres ? Aurais-je trouvé les ressources pour tout surmonter ?
Mais St-Exupéry semble mettre au-dessus de tout … comme un « appel des hommes » … l’individu brave tous les dangers pour retrouver ses semblables … pour vivre … en société …
Et tous ses récits sont extraordinaires car les obstacles ne sont là que pour rapprocher !
A travers les cieux … les déserts de glace et de feu … il cherche les traces des siens, et il lutte pour retrouver la route qui le ramènera à bon port où ses compagnons … ses amis … scrutent la voûte étoilée …
Je ne peux là que me rappeler du « Petit prince » … un hymne à l’amitié … L’action est aussi et même d’abord pour les autres … Elle n’est possible que parce que nous aimons !
Ulysse s’opposerait-il aux Dieux s’il n’avait sa femme, son fils, ses sujets, sa terre ?
May 15 Rêve ... Action ...15 mai 2007
Le rêve … les espérances semblent nous pousser à l’action …
Quelques mots … et ainsi quelques bribes d’un écrit lu tardivement me reviennent à l'esprit …
Malraux, homme de tous les combats, dans « la tentation de l’Occident », définit notre civilisation par le modèle de l’Homme d’action …
Et il est vrai que … déjà tout petit … contes, légendes et récits divers … nous forment à cet idéal …
Je me vois pris par la lecture des récits de Jack London … avec ses romans du Grand Nord … décrivant la lutte de l’Homme dans un milieu hostile … cet être si fragile mû par sa vision de l’Eldorado du Nouveau Monde, par « L’amour de la vie » (livre de chevet de Lénine ?) … prêt à tout … perdant parfois même son humanité …
L’Homme, faible et fort, exploité et libre, est au cœur de son œuvre … et il l’exprime avec une telle originalité dans « Le vagabond des étoiles » …
Combien d’heures ai-je passées à parcourir les grands espaces ? May 14 Alexandre ...14 mai 2007
L’Homme … ses rêves … ses espérances … l’humanisme … une forme d’œcuménisme … le dépassement de soi … par l’action … De quoi enthousiasmer un jeune de 20 ans …
Et que de conséquences … l’amour d’une certaine histoire … mon coup de tête pour ces études (par la suite bien desséchantes) … un métier … ET la rencontre de ma future femme … celle qui a suscité ma volonté de vraiment travailler … Pour elle, pour de « tendres espérances », je suis devenu un peu ce que je suis !
N’est-ce pas « LE LIVRE » de ma vie ?
Et JE NE L’AI JAMAIS RELU !!! Comme certains sites « sacrés » … souvenirs lointains … qui doivent rester seulement dans nos mémoires … |
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